Ici, les maisons sont étonnamment vivantes.
Voici une de nos Matoutou (on en a au moins deux) :
Il va falloir un petit seuillage pour le distinguer du fond.
Voilà, comme ça.
Le programme cherche les pétioles, et la tige.
Voilà qui est fait ; il a alors pu calculer l'aire des feuilles.
On les regroupe deux par deux pour repérer les noeuds.
Bilan de l'opération : manuellement, 12 à 25 minutes de mesures par rameau, sans mesurer l'aire des feuilles (seulement leur longueur et leur largeur). Par informatique : 5mn de photo, 1 mn de traitement.
Tout bénef ! ... sauf pour moi, puisque j'ai passé je ne sais combien d'heures à écrire le programme en question et à le débugguer...
Les épingles vertes tiennent la tige et les feuilles tendus, les épingles rouges marquent une cicatrice foliaire, et les épingles jaunes sont espacées de 5cm et permettent de remettre le tout à l'échelle en tenant compte de la déformation lié à la photo.
Ensuite, il a fallu écrire un petit programme pour traiter ces images, un programme qui isole les feuilles, les classe et mesure leur aire, trouve les noeuds, et mesure les aires d'entres-noeuds, et rassemble le tout...
Une fois tout cet effort fait, mon maitre de stage a décidé d'en profiter pour voir s'il y a une corrélation entre différents marqueurs d'UC chez Qualea : la longueur des entre-noeuds, et l'aide des feuilles. En plus de nous permettre de repérer avec précision les UC, cela aurait pu servir de base à un modèle calculant l'aire foliaire à partir des longueurs d'entre-noeuds...plus besoin de mesurer les feuilles sur le terrain (ce qui est très fastidieux), une simple mesure de longueur aurait suffit !
Voilà donc les sorties graphiques : sur Virola d'abord ;
Il faut dans un premier temps seuiller l'image. Pas très compliqué... Le programme rebouche les trous des feuilles etc...
Et le désespoir de ceux qui le cotoyent un peu plus longtemps vu sa tendance à toucher à tout, à pisser partout, et son habilité en matière de vol de nourriture. C'est bien simple ; quant il est là, tout ce qui n'est pas sous nos yeux doit être enfermé...
Et ces lianes qui pendent là, bien droites, verticales, en voilà une qui ne touche pas le sol : il s’agit des racines d’épiphytes, des plantes qui poussent accrochée à des arbres, en haut de la canopée…
Et là, on croit croiser une grande cloison de bois ; il s’agit des contreforts d’un kimboto, un énorme arbre.
Mon maitre de stage, et un kimboto (encore un arbre à contreforts), assez impressionnant. Ceci dit, j'en ai croisé de plus gros encore.
Une passiflore.
Paracou un jour de pluie.
Idem.
Des épiphytes.
Les taches roses, c'est un Couratari en fleur. Pendant sa floraison, le houppier entier devient rose. Désolé pour la qualité : c'est pas facile de photographier un arbre de canopée.
J'en profiterai prochainement pour vous présenter quelques une de ces espèces.
J'ai donc actuellement repéré et mesuré 600 individus. Il me reste à repasser voir une quarantaine d'entre eux pour refaire des mesures manquantes, ou des points GPS dans les jours qui suivent.
Ensuite, je devrai caractériser l'environnement lumineux de ces jeunes arbres. Pour cela, je vais utiliser un appareil photo muni d'un objectif hémisphérique pour photographier le ciel. Ensuite, un programme localise les portions de ciel sur la photo, et calcule la quantité de rayonnement lumineux reçue depuis l'ensemble au point de prise de la photo.
Ce genre de photo ne peut malheureusement être fait qu'en l'absence du soleil dans le ciel, c'est à dire juste avant son lever, ou juste après son coucher.
La troisième session de terrain aura pour but de prélever des échantillons de feuilles sur plusieurs unités de croissances de chaque individu pour étudier l'évolution dans le temps de certains paramètres (taux d'azote, épaisseur de feuille, delta C13 etc...) après l'ouverture, et leurs variation en fonction de l'environnement lumineux. Ces facteurs mesurés serviront notamment de proxy pour étudier l'efficacité d'utilisation de l'eau par la feuille (ratio transpiration/photosynthèse), la photosynthèse etc...